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Portfolio
#39
RÉSUMÉ > Né en 1972, Eric Mahé est un illustrateur, sérigraphe et graveur rennais. Il exerce aussi une activité de graphiste. Il est également membre de l’association qui organise le festival Le Marché Noir autour de la micro-édition manufacturée et indépendante.

     La majeure partie de mon travail se concentre sur l’idée de perception. à quel moment le trait fait sens. Quand un tracé devient-il un signe et qu’est-ce qui est reconnaissable ? Pourquoi cela devient identifiable ? C’est un questionnement d’enfant qui dessine. Dans un premier temps, est ce que je reconnais ce que je fais ? Puis ensuite, est-ce que l’on va reconnaître ce que je veux qui soit reconnu ? La question de la vraissemblance importe peu, les dessins de bande dessinée qui m’ont influencés n’avaient aucun respect de l’anatomie humaine. D’un manière générale, ce sont les éléments constitutifs d’un ensemble qui m’intéressent. Une pierre seule ne fait pas une maison, mais un ensemble de pierres peut constituer un château. Il en est de même pour le dessin, un trait seul signifie peu. L’intérêt s’est porté naturellement sur les trames d’impression offset, les gris optiques des anciennes gravures. La superposition des points de trames colorés, les lignes noires plus ou moins épaisses, a priori abstraites, deviennent image si l’on s’en éloigne. à quel moment s’opère la magie de la reconnaissance ? Les sujets choisis sont logiquement des ensembles contitués d’éléments ; les forêts, la végétation, les tissus, les paysages industriels. Au-delà des aspects techniques, la pratique du dessin pousse ensuite à se libérer lentement de l’idée de représentation pour arriver parfois à des abtractions. Une partie isolée du dessin ci-contre a peu de chance d’être reconnue à part peut- être le banc. Et l’idée d’un « gribouillage » dont seule la vision globale permet la reconnaissance est assez réjouissante.